Quand le temps s’arrête : une initiation à l’apnée avec la RTS

Ce matin, le temps a pris une autre texture. Une douceur inattendue, presque suspendue. J’ai été invitée par RTS La 1ère pour une émission estivale nommée Tic-Tac consacrée au thème du temps un sujet qui, en apnée, prend une dimension tout à fait particulière. Elio Sottas, l’animateur souhaitait comprendre ce qui se joue lorsque l’on retient son souffle, lorsque l’on plonge dans cet espace intérieur où tout ralentit, où le monde extérieur cesse de tirer sur nos pensées.

Nous nous sommes retrouvés à la plage de Nant, au bord du lac de Morat, un lieu qui se prête naturellement à la détente : une eau d’une température idéale, des perches, des alevins, une truite qui glisse comme une ombre argentée. Le décor parfait pour une exploration du souffle.

Préparer le corps, apprivoiser le mental

Avant de parler performance, nous avons parlé physiologie. Car l’apnée n’est jamais un défi contre soi-même : c’est une rencontre. Nous avons commencé par quelques mobilisations des muscles respiratoires, des étirements simples pour ouvrir la cage thoracique, libérer le diaphragme, inviter le corps à se relâcher.

Puis nous avons pratiqué la respiration complète, celle que l’on utilise comme dernière inspiration avant de plonger : un remplissage conscient, progressif, qui donne au corps une sensation d’espace et de sécurité.

Je lui ai ensuite enseigné la respiration de récupération, un concept essentiel en apnée. Elle permet de stabiliser le système nerveux, de rééquilibrer les échanges gazeux, et surtout d’éviter les risques liés à l’hypoxie. C’est un geste de sécurité, mais aussi un geste de présence à soi.

Un voyage intérieur de 3 minutes 30

Lorsque Elio, s’est installé pour sa première apnée statique, il ne savait pas vraiment à quoi s’attendre. Je l’ai guidé pas à pas : comprendre les sensations, accueillir les signaux du corps, laisser le mental se déposer plutôt que de lutter contre lui.

Et puis, quelque chose s’est passé.

Le temps s’est étiré. Les secondes ont cessé d’être des unités de mesure pour devenir une expérience. Il s’est laissé porter par l’eau, bercé par les micro-vagues du lac, enveloppé par le silence sous la surface. Une détente profonde, presque méditative.

Il a tenu plus de 3 minutes 30.

Ce n’était pas un exploit sportif. C’était une découverte. Celle de ressources qu’il ne soupçonnait pas. Celle du pouvoir du souffle lorsqu’on lui laisse la place d’agir. Celle de la confiance qui naît quand on élargit sa zone de confort, doucement, sans forcer, simplement en apprenant à écouter.

L’apnée : déconnexion du monde, reconnexion à soi

Ce moment a résumé tout ce que j’aime transmettre : que l’apnée n’est pas une performance, mais une porte d’entrée vers soi ; qu’elle permet de ralentir dans un monde qui va trop vite ; qu’elle offre un espace où l’on peut se déposer, se recentrer, s’apaiser ; qu’elle est une manière d’apprendre sur soi, de gagner en confiance, de sentir son corps autrement.

Il suffit parfois de quelques conseils, d’un accompagnement bienveillant, de comprendre la physiologie, et de savoir parler au mental pour qu’il cesse de s’agiter. Non pas en sortant brutalement de sa zone de confort, mais en l’élargissant, délicatement, pas à pas.

Un moment suspendu au bord du lac

Nous avons terminé l’expérience en observant l’eau, les poissons, la lumière qui dansait à la surface. Elio était encore enveloppé par cette sensation de calme profond, ce sentiment d’avoir touché quelque chose de précieux en lui.

Et moi, j’ai ressenti une fois de plus cette joie immense : celle de voir quelqu’un découvrir le pouvoir du souffle, la magie de l’apnée, et la beauté de ce moment où le temps cesse de courir.

Vanessa

Comment faire ses premiers pas en apnée? | RTS